Au seuil de l’invisible : ma vocation de maître de cérémonie funéraire

Une salle de cérémonie funéraire décorée de fleurs et d'une fresque représentant une femme entourée d'oiseaux, invitant au recueillement et au passage vers l'invisible.

 Il y a des métiers que l’on choisit, et d’autres qui nous choisissent. Être maître de cérémonie funéraire, accompagner les familles dans le dernier adieu à leur défunt, n’est pas qu’une profession. C’est une vocation née d’une présence, d’un appel silencieux venu des interstices du visible et de l’invisible.

Dans le cadre des cérémonies civiles et des crémations, mon rôle est d’être ce fil ténu entre ceux qui restent et celui qui s’en va. D’être là, pleinement, dans l’instant suspendu où l’âme quitte la chair. De rendre hommage, de raconter une vie, de créer un espace de recueillement qui transcende la simple séparation.

Dans ces moments d’intensité brute, la douleur des familles devient palpable. Il y a cette attente silencieuse, ce poids que l’on devine dans les respirations hachées. Chaque regard croisé raconte une histoire, une peine, parfois un regret. Et dans cette nuit du deuil, ma voix doit être une lumière. Une lueur d’humanité qui rappelle que même dans l’absence, quelque chose subsiste.


Une main ouverte accueillant un papillon, illustrant la notion de VSCD (Vécus Subjectifs de Contact avec les Défunts) et la communication avec l'au-delà.

Les synchronicités : signes du passage

Lorsqu’on côtoie la mort de si près, on apprend à observer autrement. Les coïncidences prennent une autre dimension. Ce n’est plus juste du hasard, mais une langue discrète que l’univers murmure à qui sait l’entendre.

Combien de fois ai-je vu un papillon apparaître au moment où la famille prononçait l’au revoir ? Une brise soudaine soulever les cheveux d’un proche alors qu’il parlait du vent qui portait l’âme du défunt ? Des horloges qui s’arrêtent à l’heure exacte du départ ?

Ce ne sont pas des superstitions. Ce sont des synchronicités, ces échos invisibles entre deux mondes. Comme si la mort, loin d’être une fin brutale, nous laissait des signes pour nous dire que tout continue autrement.


Le rôle du passeur d’âmes : accompagner au-delà de la séparation

Une fresque murale représentant une femme tenant un cœur et une main tendant un œuf lumineux, symbolisant la transition entre la vie et l'au-delà.
Il y a dans mon métier une dimension que peu perçoivent : celle de passeur d’âmes. Ce n’est pas un titre officiel, ni une charge que l’on endosse par choix rationnel. C’est une perception qui s’affine avec le temps, une sensation que certaines âmes, au moment du passage, cherchent un guide.

Dans les cérémonies, il m’est arrivé de ressentir cette présence flottante, comme si le défunt attendait les mots justes pour partir sereinement. Comme si, dans cet instant où les vivants s’accrochent encore, il fallait un pont, une vibration, un rituel pour ouvrir la porte.

Être passeur d’âmes, ce n’est pas seulement parler aux vivants. C’est aussi accueillir ce qui est déjà ailleurs. C’est poser des paroles qui apaisent des deux côtés du voile, pour que le passage se fasse en douceur.

Et dans ce rôle, l’altruisme est fondamental. Ce métier n’a rien d’une routine mécanique. Chaque cérémonie est unique, chaque famille est un monde en soi. Il faut savoir écouter sans juger, comprendre sans interférer, guider sans imposer. Être là, simplement, dans cette humilité face au mystère.


Apprivoiser la mort pour célébrer la vie

Un cercueil recouvert d'un patchwork de fleurs colorées, entouré de bouquets, représentant la célébration de la vie et le passage vers une autre existence.
Ceux qui me demandent comment je fais pour travailler si près de la mort s’attendent souvent à ce que je parle de lourdeur, de tristesse accablante. Mais ce que j’ai découvert au fil des années, c’est que la mort, lorsqu’on l’approche avec justesse, nous enseigne la vie.

Elle nous rappelle l’urgence d’aimer, la fragilité des instants, la nécessité d’être présent. Elle nous enseigne que chaque mot peut être le dernier, et que chaque étreinte a une valeur infinie.

Accompagner les défunts, c’est aussi rappeler aux vivants qu’ils sont encore là. Qu’ils ont encore le temps de dire, d’oser, de pardonner, de créer.

Alors oui, je marche aux côtés de la mort. Mais dans son ombre, c’est la lumière de la vie que je cherche à rallumer.


Et vous ? Quel est votre lien avec la mort ?

La mort nous touche tous, à des moments différents et de manière unique. Peut-être avez-vous déjà ressenti une synchronicité troublante, un signe que vous n’arriviez pas à expliquer ? Peut-être avez-vous trouvé dans un adieu une forme inattendue de paix ?

💬 Partagez vos expériences, vos émotions ou vos questions en commentaire.

  • Que vous évoque l’idée du passeur d’âmes ?
  • Avez-vous déjà ressenti un "signe" après la perte d’un proche ?
  • Comment percevez-vous la mort : une fin ou une transition ?

Votre voix a sa place ici, dans cet espace d’échange et de mémoire. 🌿✨

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